top of page

Quand le hasard semble nous faire signe

Photo du rédacteur: Sara Zambonini
Sara Zambonini
il y a 2 heures
3 min de lecture

Il hésitait depuis des mois. Quitter un poste stable pour revenir à la musique, ce qu'il aimait à vingt ans. Il en parlait peu, avec ce petit sourire gêné qu'on a quand on avoue une envie qu'on juge soi-même un peu déraisonnable.

Et puis, la même semaine, il y a eu cette femme dans le train qui fredonnait, sans le savoir, le morceau qu'il jouait au conservatoire. Le nom de son ancien professeur sur une affiche, en ville. Et une vieille partition retrouvée au fond d'un placard, avec ses annotations d'adolescent au crayon.

Il m'a dit : « Je ne sais pas comment l'expliquer… mais pourquoi ça me remue autant ? »

Nous avons presque tous vécu ce genre de moment. On pense à quelqu'un qu'on n'a pas vu depuis des années, et on le croise le lendemain. On tourne une question dans sa tête depuis des jours, et une phrase lue par hasard semble y répondre.

Jung a donné un nom à ces moments-là : la synchronicité. Une coïncidence entre ce qui se passe en nous (une pensée, un rêve, une émotion) et un événement extérieur. Aucun des deux ne cause l'autre, et pourtant ils se répondent. Ils sont reliés par le sens.

Il y a réfléchi pendant des années, en dialogue notamment avec le physicien Wolfgang Pauli. L'idée l'a accompagné jusqu'à la fin de sa vie.

Le scarabée

L'histoire la plus connue s'est passée dans son cabinet.

Il recevait une jeune femme très cérébrale, qui avait réponse à tout. Une intelligence redoutable, qui lui servait aussi de rempart : rien ne passait. Un jour, elle lui raconte un rêve dans lequel on lui offrait un scarabée en or. Pendant qu'elle parle, Jung entend un petit bruit contre la vitre, derrière lui. Il se lève, ouvre la fenêtre, et attrape un insecte : une cétoine dorée, ce qu'on trouve de plus proche d'un scarabée d'or dans nos régions.

Il le lui tend. « Voici votre scarabée. »

D'après Jung, c'est à ce moment-là que quelque chose a enfin cédé chez elle, et que le travail a vraiment pu commencer. Le scarabée, chez les anciens Égyptiens, était un symbole de renaissance.

Accueillir ce qui fait sens

Certaines personnes vivent ces coïncidences comme des signes : un message de la vie, de l'univers, d'un proche disparu. D'autres y voient un hasard qui tombe bien. D'autres encore ne savent pas trop quoi en penser, et c'est très bien aussi.

En séance, je n'ai pas à trancher. Votre façon de lire ce que vous vivez vous appartient, et elle est accueillie telle qu'elle est, sans jugement. Ce qui compte, c'est votre expérience.

La question qui m'intéresse est plutôt celle-ci : pourquoi cette coïncidence-là ? Il s'en produit des milliers chaque jour, et nous n'en remarquons presque aucune. Si l'une d'elles nous arrête, c'est qu'elle a touché quelque chose qui était déjà là. Un désir mis de côté, un deuil pas tout à fait fait, une question qu'on n'osait pas se poser à voix haute.

Elle rend visible ce qui attendait d'être vu.

En séance

L'hypnose est un endroit où ce genre d'expérience trouve naturellement sa place. En transe, la partie de nous qui analyse et qui juge se met un peu en retrait, et les images, les souvenirs, les sensations remontent plus librement.

Quand quelqu'un arrive en me racontant une coïncidence qui l'a marqué, je ne l'interprète pas à sa place. On y retourne ensemble. On regarde ce qu'elle a réveillé, l'émotion qui était là, l'époque de la vie vers laquelle elle ramène. Et souvent, une part de soi qu'on n'écoutait plus se met à parler.

L'homme du train n'a pas démissionné le lendemain. Mais il a cessé de traiter son envie comme un caprice. Il a compris qu'elle frappait à la fenêtre depuis longtemps, un peu comme le scarabée. Il a ressorti sa guitare.

Si vous voulez essayer de votre côté, vous pouvez tenir, pendant quelque temps, un petit carnet de ces coïncidences. Pas toutes : seulement celles qui vous font quelque chose. Notez ce que vous viviez à ce moment-là, ce que vous avez ressenti. Puis, un soir, relisez-les en vous demandant simplement ce qu'elles disent de votre vie en ce moment. Un fil apparaît parfois.

La synchronicité ne nous dit pas quoi faire. Elle nous rappelle que ce qui se passe en nous et autour de nous n'est peut-être pas aussi séparé qu'on le croit.

Si une coïncidence vous trotte dans la tête, ou si vous sentez qu'une part de vous cherche à se faire entendre, on peut en parler, au cabinet à Neuchâtel ou en ligne.

Les situations évoquées sont inspirées de plusieurs parcours et modifiées pour préserver la confidentialité de chacun.

 
 
 

Commentaires


bottom of page